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Le télétravail pourrait réduire les émissions de carbone jusqu’à 80%


Le télétravail réduit la nécessité de se déplacer pour se rendre au travail et cela peut avoir un impact sur la consommation d’énergie de l’ensemble de l’économie.


Les efforts collectifs visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre portent à la fois sur l’innovation technologique et sur le changement de comportement.


Le scepticisme persistant sur les implications sociales du télétravail pourraient être réduites par la connaissance élargie des bénéfices environnementaux qu’il peut apporter.


Le télétravail entraîne une réduction nette de la consommation d’énergie et des émissions de CO2


Une étude publiée en août 2020 par Andrew Hook, Victor Court, Benjamin K. Sovacool et Steve Sorrell synthétise les résultats de 29 études empiriques et une recherche exhaustive de 9 000 articles publiés.


L’étude fournit une revue systématique de l'état actuel des connaissances sur les impacts énergétiques du télétravail. Elle résume les résultats obtenus particulièrement aux Etats-Unis et en Europe.


La majorité des résultats suggèrent que le télétravail entraîne une réduction nette de la consommation d’énergie et/ou des émissions.


Ces avantages découlent notamment de la suppression des trajets domicile - travail et de la diminution de la consommation d’énergie des bureaux.


Le secteur des transports aux États-Unis représente environ 33 % de la consommation finale d’énergie. Pour les Européens la donne est différente puisqu'ils se déplacent beaucoup plus en transports publics que les Américains.


L'étude constate une réduction moyenne allant de 2,3 à 30% des trajets par semaine grâce à la mise en place du télétravail en Europe et aux Etats-Unis.

La réduction des embouteillages quant à elle varie de 1,9 à 30% ; un embouteillage rappelons-le représente un gaspillage énergétique et donc une émission de CO2 non nécessaire.


Les réductions concernant la consommation d’énergie grâce au télétravail sont estimées entre 0,01 et 14%.


Enfin, l’étude suggère que le télétravail, s’il était appliqué en routine de 5 jours pour l’ensemble de la population, pourrait réduire les émissions de carbone jusqu’à 80% (Kitou et Horvath, 2003).


CO2 : un effet "additif" du télétravail si les entreprises ne réduisent pas leurs consommations énergétiques


La consommation d'énergie à la maison et au bureau est un domaine où les avantages du télétravail pourraient potentiellement être annulés.

Le télétravail peut entraîner une augmentation de la consommation d'énergie à la maison (pour le chauffage, la cuisine et l'éclairage) sans que la réduction de l'énergie utilisée au travail ne soit compensée (les bureaux peuvent continuer à être chauffés et éclairés autant qu’auparavant).


Le télétravail pourrait avoir un impact "additif" si les entreprises ne déménagent pas dans des bureaux plus petits (qui ont une empreinte énergétique plus faible) ou ne ferment pas totalement leurs bureaux en réponse à la généralisation du télétravail.


La majorité des études arguent que le télétravail contribue aux économies d’énergies, mais certaines conclusions restent ambiguës. En effet, ces économies ne sont pas pleinement effectives lorsque le télétravail est réalisé partiellement (à temps partiel ou par une partie seulement des équipes). Dans ce cas, il devient porteur d’une accumulation de consommation au bureau et à la maison.


En conclusion 26 études sur les 39 études prisent en compte suggèrent que le télétravail entraîne une réduction nette de la consommation d'énergie et/ou des émissions. Seules 5 études constate une augmentation nette.


Source : Hook, A., Court, V., Sovacool, B. K., & Sorrell, S. (2020).

A systematic review of the energy and climate impacts of teleworking.

Environmental Research Letters, 15(9), 093003

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