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L'Intelligence Artificielle va stimuler l'Humain à se surpasser

Mis à jour : 16 avr. 2019



Ray Dalio, Président-fondateur du fonds spéculatif Bridgewater Associates, gère près de 160 milliards de dollars d'actifs. Selon lui, personne dans son entourage n'est capable de diriger son entreprise aussi bien que lui. Le seul collaborateur auquel il serait enclin à confier les rennes n'est pas un être constitué de chair et de sang, mais une entité impalpable, une intelligence artificielle.


En 2015, Dalio a débauché David Ferucci d'IBM, notamment connu pour être le papa de l'Intelligence Artificielle Watson. Ferucci a été placé à la tête d'une unité de développeurs et de mathématiciens, afin de concevoir cette intelligence artificielle et cela avec un budget de plusieurs millions de dollars. Cette IA n'est pas seulement conçue pour remplacer Dalio, mais aussi pour le sublimer. A quoi bon créer un double humain quand il est possible de créer une machine aux capacités surhumaines capable d'effectuer des choix dictés par la raison (ou plutôt la logique mathématique) et non par les émotions. Dans le Wall Street Journal, Ray Dalio s'émouvait récemment du fait que les êtres humains se laissent trop souvent troublés par leurs émotions dans leur vie professionnelle ce qui a pour conséquence de troubler leur vision et d'obscurcir leurs agissements. L'IA a l'avantage de n'agir que par pure logique et de n'y lier aucun affect.


L'arrivée de cette IA est prévue pour 2022. Dalio estime que la plupart des décisions stratégiques relatives à la vie de l'entreprise devront lui être confiées. Cette machine se verra notamment attribuée le recrutement et les licenciements des salariés de Bridgewater Associates. Si cette facétie d'un magnat de la finance ne semble nous concerner que de très loin, elle illustre une tendance qui va s'accélérer dans les mois et les prochaines années. La gestion de l'Humain par l'IA.



Humanus ex machina

La machine nous seconde déjà partout. Seule une minorité ne passe pas une journée sans utiliser leur smartphone, leur ordinateur ou leur tablette. La machine est déjà quasi greffée au bout de nos doigts. Elle est capable d'effectuer pour le moment de petites taches basiques à notre place, où des calculs savants à une rapidité qui nous dépasse. Elle nous surpasse par beaucoup de ses capacités. Mais peut-elle nous remplacer ? Les capacités des machines et bien sur des IA croissent de jour en jour de façon exponentielle. Serons nous tous bientôt obsolètes ? L'IA pourra t elle tout faire mieux que nous, plus vite et à un cout modique. Rien n'est plus sur. Mais pas pour tout de suite.


Il est temps de se préparer à changer. Une menace fantôme s'approche. Une menace que nous avons nous même créée. Un nouveau prédateur, qui risque de se hisser au sommet de la chaine alimentaire très vite.


Ce prédateur nommé IA


Nous sommes à l'aube d'une nouvelle révolution. Celle-ci ne sera ni populaire ni industrielle. C'est une révolution aussi importante que lorsque l'Humain a décidé de se tenir droit et de marcher sur ses deux pieds sans s'aider de ses bras et ses mains. L'IA va remettre en cause notre façon de vivre et notre vie de façon plus globale. Et, évidemment, elle va impacter le secteur économique.


Une étude de l'Université d'Oxford réalisée en 2013 passe en revue 702 types d'emplois présents aux Etats-Unis, et annonce que près d'un emploi américain sur deux (47%) a un risque élevé d'être affecté par la technologie et 19% ont un risque moyen. Au total, ce sont donc 66% des emplois qui pourraient disparaitre dans les vingt ans qui viennent. Mais, bien plus problématique, selon le rapport publié par le Pew Research Center en aout 2014, seulement 52% des experts pensent que l'automatisation va créer plus d'emplois qu'elle n'en détruit. En somme selon eux, l'IA va détruire le processus classique de destruction créatrice.


Le concept de destruction créatrice est né dans les écrits de Nietzsche et a été adapté à l'économie par Joseph Aloïs Schumpeter dès le début du XXe siècle. Schumpeter dans son ouvrage, la théorie de l'évolution économique paru en 2012 évoquait ce concept en ces termes : « De nouvelles affaires se créent continuellement, appâtées par le profit. Il se produit une réorganisation complète de l’industrie, avec hausse de la production, concurrence acharnée, disparition des entreprises obsolètes, licenciements éventuels."


Classiquement, Le processus de destruction créatrice se définit comme étant le mouvement permanent de destructions d’activités liées aux anciennes innovations et de créations de nouvelles activités liées aux nouvelles innovations. C'est le cycle naturel de la vie adapté à l'Economie dans sa globalité. Les nouveaux éléments, biens ou services sont appelés à remplacer les anciens considérés comme obsolètes et plus adaptés à la vie moderne.


Pour la première fois depuis des siècles voire millénaires, c'est sur l'Humain que porte cette menace de remplacement. Sa création va le menacer. Une IA sera bientôt bien plus rentable que n'importe quel Humain dans de nombreux domaines et sera capable de générer des profits bien supérieurs. Une machine ne connait pas de haut et de bas. Elle est linéaire. Elle ne dort pas, ne se plaint pas, n'est pas payée, ne prends pas de congés, elle est sans nationalité, elle ne peut pas faire grève.


Il n'est pas prématuré de commencer à creuser les tombes et de commander les chrysanthèmes pour les Juristes, les Comptables, les Médecins, les Radiologues ou bien entendu les chauffeurs ou autres camionneurs. Pour autant, ni le droit, ni la médecine, ni les transports ne vont disparaitre. Notre salut viendra de la mutation, de l'adaptation et de l'évolution de l'Humain à ce nouveau paradigme.


Le processus d'évolution de l'Humain acceléré par l'IA


L'Humain a depuis l'Homme des cavernes fait face à de nombreux challenges pour survivre. Les conditions de vie d'abord ultra rudimentaire qui l'exposaient au froid, à la chaleur, aux intempéries, au manque de nourriture et aux prédateurs. L'Humain a inventé des moyens de surpasser ses difficultés. Il a su concevoir des structures et des procédures lui permettant de se protéger de sa faiblesse relative pour défendre sa principale qualité, sa plus grande force, son intelligence.


La principale force de l'Humain, ce n'est ni ses muscles, ni sa taille, ni sa rangée de dents, c'est son cerveau. Son intelligence. Grâce à son premier ordinateur portable (bien avant l'invention du MacBook), plus performant que n'importe quel PC portable ou que n'importe quel Watson, l'Humain a été capable de concevoir des maisons solides, d'inventer l'agriculture, de transmettre son savoir par l'écriture et le dialogue, mais aussi en développant une structure permettant de systématiser la transmission des connaissances : l'Ecole.


Selon le Dr Laurent Alexandre, le système scolaire est en panne et il est devenu un modèle désuet et obsolète pour former les nouvelles générations qui cohabiteront avec l'IA. Les enseignants procèdent de la même façon qu'il y a 100 ans, quand un bloc opératoire a été, lui, métamorphosé.


"Il faut donc remplacer les écoles pourries par des écoles avec des enseignants aussi bien payés qu’ils le sont dans des pays comme Singapour.

L’IA sous sa forme actuelle est incapable de faire face à la transversalité, les humanités, la multidisciplinarité, le travail de groupe, l’esprit critique. Cela suppose qu’on renverse le paradigme éducatif qui est beaucoup trop technique aujourd’hui.


Il faut que les enfants lisent beaucoup de livres et qu’ils développent leur esprit critique pour qu’ils soient au-dessus de l’intelligence artificielle et pas en-dessous.

L’IA est incapable d’avoir un esprit critique et du bon sens. Pour plusieurs décennies et pour des raisons techniques compliquées. Donc c’est là qu’il faut aller."



L'Ecole de demain ne doit plus former des perroquets. Les élèves vont devoir par eux mêmes être capable de raisonner tout en effectuant des ponts entre les matières ou disciplines pour croiser leur pensée. Savoir réciter des pages et des pages par coeur, les assimiler, les connaitre, sera toujours une base utile mais totalement insuffisante car l'IA pourra en faire toujours plus que vous.


Ce qu'elle ne sera pas capable de réaliser avant plusieurs dizaines d'années en revanche, c'est de croiser une réflexion philosophique avec de l'Economie et du Droit. Trop de paramètres techniques entrant en jeu. L'Humain va donc être appelé à muter pour survivre. L'Humain s'est créé lui même son propre challenge. Comme si pour se surpasser, il avait eu besoin de générer lui-même son nouvel "ennemi". Un ennemi vorace prêt à dévorer des pants entiers de l'Economie, des millions de jobs et selon certains comme feu Stephen Hawking, prêt à nous assujettir.


L'IA créateur de nouveaux Phoenix


L'IA devrait détruire de nombreux métiers. Mais, elle devrait permettre d'ouvrir de nouvelles belles perspectives et de nouveaux challenges. Sans parler du transhumanisme et de la quête de l'immortalité, il y a les voyages spatiaux, la réduction voir la destruction de la maladie, l'utilisation optimum des richesses du monde.


Si les métiers de cochet, maréchal ferrant ou d'arracheur de dents ont disparu, ils n'ont pour autant pas réellement disparu, ils ont muté. Le cochet s'est transformé en chauffeur Uber, le maréchal ferrant en garagiste et l'arracheur de dents s'est métamorphosé en chirurgien dentiste. Les réflexions sur le sujet sont déjà nombreuses mais les mesures prises sont pour le moment réduites à peau de chagrin.


Il y a un an, le député LREM Cédric Villani a rendu son rapport sur l'intelligence artificielle, qui donne une grande importance à l'impact futur de l'IA sur l'emploi. Pour lui, tout passera par la formation, afin de rendre chaque individu capable d'affronter les mutations à venir mais aussi de voir émerger de nouveaux talents.


Ce rapport préconise de porter impérativement l’accent sur la formation. Ainsi, des expérimentations pourraient être menées « afin de construire des dispositifs qui ciblent certaines populations d’individus, dont les emplois sont considérés comme étant le plus à risque d’automatisation et pour lesquelles il sera complexe d’amorcer seules leur transition professionnelle."


Beaucoup de métiers ne vont pas totalement disparaitre. Des racines vont substituer. Ils vont muter pour s'adapter à une société qui aura connu des changements majeurs. En somme, l'ancien métier qui aura perdu de son utilité disparaitra, et réapparaitra sous une forme plus robuste. Il semblerait que les Phoenix de Schumpeter ne soit pas prêt de s'éteindre.





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