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Indépendance, Mobilité et Célérité : Les Nouvelles Lois du Travail


«La vitesse à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d'économiser de la force de travail dépasse celle à laquelle nous découvrons de nouveaux moyens d'employer cette force de travail.» John Maynard Keynes (1883-1946)


L'Economie de demain va ressembler à celle qu'ont connu nos ancêtres. Nous allons nous réapproprier nos outils de production et à nouveau devenir nos propres patrons. Smartphone, connexion internet et régies publicitaires Facebook ou Google, sont le marteau, la faux ou le cheval de traie du XXIème siècle.


Les nouvelles formes de travail se créent à une vitesse exponentielle. Le nombre d'entreprises individuelles ou start-up est chaque année croissant. Les nouveaux travailleurs adoptent des modes de vie innovants. Ces travailleurs veulent maitriser leur temps et lieu de travail mais aussi construire des rapports différents avec leurs collègues. Ce nouveau paradigme va conduire à une suppression du rapport vertical, pour revenir à un modèle plus horizontal et collaboratif.


Un nouveau paradigme : la mobilité des compétences


Innosight, le cabinet de conseil créé par Clayton Christensen estime que 75% des entreprises cotées sur le S&P 500 auront disparu en 2027. Cette estimation se fonde sur l'espérance de vie de ces sociétés, passée de 61 ans en 1958 à 18 ans aujourd'hui.

John Chambers (Cisco) a quant à lui affirmé que 90% des grandes entreprises connaîtront une crise financière majeure dans les quinze ans qui viennent et que seules 10% d'entre elles y survivront.


Dans ce climat de révolution économique et de perpétuelle destruction créatrice l'influence de l'entreprise sur les individus va être drastiquement atténuée. Au centre de l'économie se trouveront les projets. Les travailleurs s'agrègeront ainsi de projet en projet.


Les alliances d'un jour ne seront peut être pas celles du lendemain. La possibilité de se mouvoir plus vite sans contrainte va être une condition nécessaire à la survie du travail des individus. Il faudra être rapide et agile, se constituer le meilleur réseau et pouvoir rapidement constituer des nouveaux groupes de travail. En somme, le projet sera guidé par plusieurs mini-sociétés constituées d'un seul individu ou d'un petit groupe de personnes.


La rapidité devra être le moteur de chaque projet. La dynamique productive sera mise en place autour d'un schéma en étoile. Le projet sera au centre de l'attention et tout autour viendront se greffer les compétences nécessaires à son aboutissement. L'entreprise réunira, au cas par cas, des équipes constituées d'experts dans leur domaine, à la manière des studios de cinéma qui constituent des équipes pour produire et réaliser un film. Une fois le projet terminé, chacun reprendra sa place, et le groupe constitué de façon éphémère n'existera plus. Les organisations auront moins d'employés. Le contrat à durée indéterminée sera une notion obsolète et, seuls certains travailleurs de très haut niveau deviendront des associés.


Les nouveaux travailleurs devront être mobiles vis à vis des projets qui leur seront soumis mais également dans leur façon d'occuper les nouveaux espaces de travail.


Evolution des pratiques : la flexibilité


Le gouvernement colombien a dès 2012 incité les entreprises à autoriser leurs employés à travailler à distance, face aux embouteillages monstres de Bogota et des autres grandes villes colombiennes. Des outils comme Usetime, développé par une start-up colombienne, permettent aux employeurs de suivre les avancées de leurs employés à distance.


Les travailleurs indépendants, libres et flexibles représenteront entre 10,9 et 11,5% des emplois d’ici 2030, soit une hausse de 88%. Ces nouveaux travailleurs apporteraient une augmentation de croissance estimée entre 123 milliards d’euros et 147 milliards d’euros.

Un résultat qui s’explique notamment par les gains de productivité, de coûts et de temps engendrés par ces nouveaux espaces de travail. L’étude a pris en compte les gains de productivité réalisés, mais aussi les économies effectuées d’ici 2030, sur les déplacements, qu’elle estime à 100 millions d’heures.


Il faut également prendre en compte le bien être à long terme du travailleur. Celui-ci n'a plus à passer plusieurs heures quotidiennes dans les transports. Cela lui permet de réaliser d'autres activités dans la journée, et de réaliser un travail de meilleur qualité. Cela permet également d'être plus efficace sur le long terme, de ne pas générer de stress supplémentaire et d'éviter des émissions de gaz de CO2. Cette restructuration du monde du travail bénéficie à l'environnement global.


La technologie au service d'une réindustrialation artisanale


Ces dernières années ont été marquées par de nombreuses délocalisations déstructurant le tissus industriel de nombreux pays de l'Ouest au profit de pays en voie de développement, principalement à l'Est et en Asie. L'impression 3D pourrait recréer au sein même de nos quartiers les industries envoyées au bout du monde. Cette facilité de conception, de création et de distribution permettrait de redévelopper un artisanat local qui avait été plus ou moins détruit au cours du XXIème siècle.


En 2014, le cabinet PwC estimait que, si l'impression 3D continuait à se généraliser dans les pays développés, cela entraînerait à terme une chute de 41% du trafic aérien cargo mondial et de 37% de l'activité maritime. L'avenir n'est plus aux gigantesques complexes implantés dans des pays à faible coût de main-d'œuvre, mais aux petites structures installées au plus près du client final.


Coworking : fédération de l'artisanat du XXIème siècle


Dans ce contexte de transformation de l'économie et de nouvelle appréhension du travail, sont sortis de terre les espaces collaboratifs de travail, les "coworkings". Les coworkings sont nés dans le fief du capitalisme, aux Etats-Unis, à San Francisco en 2005.


Ces ateliers de nouvelle génération regroupent des artisans d'un nouveau genre. Du web designer, au spécialiste des réseaux sociaux en passant par l'architecte et aux directeurs financiers, tout le monde s'y retrouve. Ces espaces favorisent la mobilité des travailleurs ainsi que leurs partenariats sociaux.


Dans une de ses études, Development Economics s'est penchée sur le potentiel économique des coworkings dans 16 pays (l'Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Chine, États-Unis, France, Hong Kong, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Singapour et la Suisse). Selon leurs prévisions, le coworking devrait croître particulièrement fort en Chine (+154%), en Inde (+116%) et aux USA (+96%) avec une moindre croissance dans les pays européens où il augmenterait selon les pays de 57 à 85%.


Actuellement, la France se place en sixième position au niveau mondial en ce qui concerne le nombre d'espaces de coworking. Selon une étude menée en juin 2017 par Bureaux à partager, les espaces de coworking en France se sont multipliés par 10 depuis 2012. Le marché des espaces de coworking dans l'hexagone a progressé de 80% entre 2016 et 2017. Il y aurait déjà 1.800 espaces en France. Le prix moyen d'un poste de travail à Paris est de 313€ en moyenne pour un open space et 698€ pour un bureau fermé. En utilisant des espaces collaboratifs de travail les économies de coût seraient de 30 à 50% par rapport aux bureaux traditionnels.


Des opérateurs majeurs s'intéressent de très près à ce nouveau phénomène qui n'est selon les analystes pas près de s'essouffler. Après avoir lancé sa marque Nextdoor fin 2014, Bouygues Immobilier s'est allié à AccorHotels, devenu son partenaire à 50/50 à l'été 2017, pour lancer 80 espaces de travail collaboratifs d'ici 2022, dans toute l'Europe. Les sociétés qui développent ces services telles que Nextdoor, Morning Coworking, Spaces, Hub-Grade, Deskeao, Bureaux À Partager, The Bureau, ou des foncières traditionnelles comme Foncière des Régions ou Icade, passent à la vitesse supérieure.


Foncière des Régions vise, à l'horizon 2022, 70.000 m2 d'espaces flexibles et de lieux de coworking dont la conception utilise les codes hôteliers. Tous sont des descendants du géant américain Wework, créé en 2010, qui propose plus de 260 espaces dans le monde et est valorisé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.


Coworking favorise la personnalisation du travail


Le coworking est un système composé de dispositifs flexibles. Les horaires ne sont pas préétablies et chacun peut optimiser au mieux son temps de travail. Généralement, dans ce type de structure, chacun est son propre patron. Il est possible d'y passer ses journées, comme quelques heures de façon épisodique. L'occupation de l'espace de travail y est individualisé et son utilisation est à la carte. Il existe des abonnements annuels, mensuels mais aussi des accès à la journée ou à la demi-journée. Il est également possible de réserver des bureaux isolés ou de vraies salles de réunion ou de conférence lorsque cela est nécessaire.


Le fonctionnement à l'intérieur d'un coworking est très proche d'une société classique. Pour autant, chaque individu y est responsabilisé. Chacun des individus composant le tissus social du coworking est un entrepreneur ; l'oisiveté ou l'improductivité lui sont proscrites. De telles conduites n'apporteront à l'entrepreneur aucune ressource, ce qui conduit à désinfantiliser le rapport au travail.


Une transformation du mode de vie plus inclusive du travail


Cette explosion de la demande en coworking est corrélée avec le besoin d'évolution des modes de vie des travailleurs. Plusieurs études se sont concentrés sur les facteurs qui contribuent au bien être des travailleurs au sein de leur environnement.


Une étude Nextdoor-OpinionWay sur l’importance que les travailleurs attachent à des espaces de travail a été réalisée auprès de 800 actifs. En tête des dimensions jugées fondamentales pour leur bien-être, on retrouve :

  • les espaces ouverts sur l’extérieur (75%)

  • l’implication dans l’aménagement du lieu de travail (55%)

  • les espaces de sieste (52%)

  • les espaces pour la détente (52%)

  • le potager (30%)

  • l’ambiance conviviale et décontractée dans les espaces bureaux (29%)

A première vue, ces chiffres peuvent laisser transparaitre des envies fantaisistes et nullement en adéquation avec notre cadre de vie actuelle. Pour autant, si notre environnement a extrêmement évolué depuis les 200 dernières années, ce n'est pas le cas de notre biologie. En général, nos ancêtres n'étaient pas des urbains. Ils vivaient à la campagne, dans un cadre champêtre où le travail et les conditions de vie pouvaient y être dures. Mais, l'environnement y était végétal et la journée de travail rythmée par le cycle quotidien du soleil.


Notre changement de mode de vie a été brusque. Nous ne sommes pas encore adaptés psychologiquement et physiologiquement aux nouveaux rythmes urbains générant un stress quotidien permanent et à des zones de vie dépourvues de végétaux.


Les phénomènes de burn-out proviennent vraisemblablement de cette incapacité biologique de notre mental à vivre dans un état d'angoisse et de tension permanente. Le cerveau peut très bien s'accoutumer à des pics de stress temporaires, mais pas de façon récurrente.


En se réappropriant un mode de vie plus adapté à leurs besoins biologiques, les nouveaux travailleurs se rapprochent de la façon de vivre de leurs ancêtres. Un rythme de vie qui a été adopté par des milliers de générations avant nous. Un tempo plus flexible et moins rigide calqué sur les cycles naturels.


Une gestion différente de la structure du travail


Les espaces de travail collaboratif favorisent la gestion du temps et permettent de distinguer les séquences de travail du temps personnel. Le coworking permet de cloisonner le travail et la vie personnel. Le coworking c'est le champs, la grange ou l'atelier du XXIème siècle. Chacun y passe sa journée pour réaliser ses tâches, puis une fois terminée, rentre chez soi.


Le coworking permet également de ne pas s’isoler et de développer un réseau professionnel et éventuellement de favoriser des opportunités commerciales. Ces espaces permettent de rencontrer de nombreuses personnes d'horizons divers avec parfois des parcours atypiques. Il est possible de rencontrer aussi des personnes exerçant dans d'autres branches de métier complémentaires et intéressantes afin de réaliser des synergies.


Les espaces de coworking ont cette particularité de créer un tissus social hybride, très différent de ce que nous avons connu lors des cent dernières années. C'est un nouveau type de forum, où les gens se parlent, se rencontrent et échangent. Ils permettent de tisser des liens forts et de trouver de nouveaux partenaires.

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