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Facebook doit optimiser votre cercle social

Mis à jour : 23 avr. 2019



Franck est en voyage d'affaire à Madrid. Franck réside habituellement à Londres. Il est dans la capitale espagnole pour une semaine. Il ne connait quasiment personne à part certaines personnes appartenant à l'entité espagnole de sa société et ses nouveaux clients potentiels. Franck a beaucoup de loisirs et de passions. Notamment, la voile, le tennis, les les livres d'histoires. Mais ce que Franck aime particulièrement, c'est partagé ses repas avec des personnes qu'il apprécie.


Et pendant ses nombreux déplacements professionnels, celui lui est très souvent rendu impossible. Et pourtant, Facebook a le potentiel pour lui rendre cette tâche aussi facile que réserver un Airbnb ou commander un Uber. Grâce à nos actions quotidiennes Facebook en sait plus sur nous même et a la capacité de nous relier avec des gens qui nous ressemblent, avec qui nous sommes compatibles et avec qui nous sommes susceptibles de passer d'agréable moment de partage et ... d'amitié.


Facebook sait définir notre personnalité

"We text, we email, we reply all, we sign up, we sign in, we post, we repost, we tweet, we like, we link, we friend, we unfriend. We follow, we tag, we hashtag, we LOL, we happy face, we comment, we heart."



Le personnage de Elliot Alderson dans la série Mr Robot, décrit avec précision de quoi nos cyber-journées sont faites. Chacune de ces actions enrichit de nos données personnelles les géants de l'internet. Ces actions anodines prises séparément permettent de tracer un portrait psychologique assez représentatif de notre personne lorsque après les avoir collecté en masse, elles sont interprétées.


Chaque jour, nous travaillons toute la journée pour les géants de l'internet qui collectent des informations sur nous. Nous répondons à des stimuli visuels, nous argumentons sur des problématiques sociétales, nous aimons des commentaires des photos, nous échangeons socialement, nous matérialisons nos pensées et nous les fournissons aux Géants de l'internet.


Un analyseur comportemental dans votre main


Au quotidien, les français consulte leur téléphone portable en moyenne 23 fois, pour une durée de 1h42. Chez les Millennials, c’est encore plus : 2h16 par jour et 33 connexions en moyenne. Aux États-Unis le chiffre est beaucoup plus impressionnant, un américain de plus de 18 ans passe en moyenne 2h51 par jour sur son téléphone. Soit près de 86 heures par mois.


Le docteur Laurent Alexandre estime que sans le savoir nous avons tous un autre travail que nous réalisons bénévolement. Nous travaillons pour les GAFAM / Big Data, et nous les enrichissons perpétuellement avec nos données.


Ces informations permettent de définir notre personnalité en tant que consommateur, personne sociale, ou électeur (Cambridge Analytica). Au final, ces entités abstraites de la nouvelle ère nous connaissent mieux que nous même et garde une trace de ce que nous avons pensé et fait à chaque instant.


Le réseau social Facebook, créé en 2004 par Mark Zuckerberg a déployé une pieuvre sur internet permettant grâce à ses nombreuses tentacules de capter le maximum d'informations sur chacun d'entre nous. Facebook a été la cible récente de nombreuses attaques quant au traitement discutable de ces datas personnelles à des fins commerciales ou politiques. Cependant, le réseau social pourrait les utiliser afin de nous rendre meilleur en tant qu'humain.


De "Nosce te ipsum" à "Facebook know you better"


Facebook connait chacun de nos intérêts grâce aux recherches que nous effectuons sur le web. Facebook aurait seulement besoin que nous fassions 250 likes sur le réseau pour nous connaitre mieux que nous même.


Lors d'une recherche effectuée sur le net en utilisant le moteur de recherche Google, Facebook a le pouvoir de détecter les sites que nous fréquentons. Facebook nous trace sur tous ces sites via des cookies. Le réseau social utilise un cookie, nommé "datr", qui lui permet d'être alerté dès que nous visitons un site internet comprenant un onglet social, comme notamment la fonction "j'aime". Facebook enregistre ensuite ces données dans ses serveurs. Et par la suite, ces informations lui permettent de proposer des publicités ciblées, correspondant à nos recherches.


Peu importe ce que nous faisons sur le net, Facebook a sa tête posée sur notre épaule et ses yeux rivés sur votre écran. La firme de Mark Zuckerberg scrute les mouvements de notre souris sur l'ordinateur. Cela permet à «ses algorithmes de distinguer les humains et les robots mais aussi de savoir si la page Facebook est chargée au premier ou au second plan», selon un article publié dans India Today.


Facebook collecte également des datas sur l'OS (operating system / système d'exploitation), le type de matériel informatique utilisé, les versions des logiciels employés, le niveau de batterie, la force du réseau, la place disponible sur le disque dur, le signal Bluetooth, le nom et le type de fichiers, l'identifiant des équipements, le navigateur, ses plugins, et cela peu importe la plateforme que nous utilisons, ordinateur, téléphone, TV et appareils connectés.


Une mémoire sociale infaillible


Depuis 2013, une fonctionnalité permet aux utilisateurs de Facebook de télécharger une archive complète regroupant toutes les données à leur sujet. Nos amours passés, les personnes qui ont été dans notre cercle social, nos anciens emplois ... En somme, TOUT ce qui est possible matériellement de répertorier.


Le post d'une photo sur Facebook a pour conséquences l'enregistrement de l'ensemble des métadonnées de la photo. A savoir, le modèle de l’appareil photo, l’exposition, l’orientation, l’ouverture, la vitesse d’obturation, la longueur focale et même l’adresse IP de téléchargement et bien entendu la localisation.


Facebook possède également les applications Messenger et WhatsApp et le réseau social Instagram, pour lesquelles il y a évidemment aussi un historique. Le réseau social a la capacité de recouper les contacts et interactions entre ces divers réseaux. Ainsi, nous retrouvons sans problème nos amis Facebook sur WhatsApp grâce aux numéros de téléphone inscrits sur leur profil Facebook. Toutes les conversations Messenger sont également stockés dans les archives de Facebook: leur nombre, le nom des interlocuteurs, mais aussi la date et l'heure des messages envoyés et reçus. Nous ne pouvons pas nous souvenir d'un échange amicale survenu il y a 7 ans, Facebook le peut. Mais par d'autres biais, il lui est aussi possible de se souvenir de votre forme physique d'hier, d'il y a quelques semaines, plusieurs mois voire années.


Une enquête du Wall Street Journal, publiée le vendredi 22/02/19, a révélé que Facebook récupère au quasi insu de ces utilisateurs une quantité de données sensibles par le biais des applications tierces. Des données très confidentielles que nous sommes peu à partager même avec notre famille ou nos amis proches comme , la période des règles et d'ovulation des femmes, le poids ou même notre rythme cardiaque.


Selon le WSJ, "au moins 11 applications populaires (comme Instant Heart Rate: HR Monitor, Flo Period & Ovulation Tracker ) totalisant des dizaines de millions de téléchargements, ont partagé des données sensibles de leurs utilisateur. Ces applications n'ayant en apparence aucun lien direct avec Facebook. Le diable est dans les détails.


Dans les faits, certaines applications tierces utilisent l'outil d'analyse App Events développé par Facebook. Le groupe de Mark Zuckerberg est en capacité de capter des données d'applications indépendantes, et ce, sans que les utilisateurs ne soient nécessairement au courant .


Facebook collecte également des données lorsqu'un internaute se connecte à un compte, comme Deezer, Airbnb ou Tinder, avec son identifiant Facebook. "Lorsque vous visitez un site ou une application qui utilise nos services, nous recevons des informations même si vous êtes déconnecté ou n'avez pas de compte Facebook", affirmait en avril dernier David Baser, responsable produit du groupe, dans une note de blog publiée à la suite de Cambridge Analytica. L'ensemble de ces données permet de dessiner un profil psychologique de chacun d'entre nous.


Avec cette masse de données considérable sur chacun d'entre nous, il y a deux voies possible pour Facebook. L'utiliser contre nous puisqu'en définitive le réseau nous connait mieux que nous même. Ou l'utiliser pour nous, en nous fournissant des services adaptés (sur mesure) en rationnalisant nos choix, élargissant notre champs des possibles et en tirant bien sur un important profit financier. Du gagnant/gagnant.


La création de notre cercle social par Facebook


Facebook a été créé pour se connecter avec des personnes de son cercle social. Des personnes que nous connaissions, des personnes plus ou moins proches avec qui, il devenait plus aisé de rester facilement en contact.


Avec toutes ces informations dont dispose Facebook sur chacun d'entre nous, la compagnie serait en mesure de définir notre cercle social le plus optimal. En somme, définir une tribu 2.0 en guidant nos choix et en nous proposant de rencontrer des personnes qui seraient potentiellement susceptibles de devenir nos amis.


Facebook se contente pour le moment de nous suggérer de devenir ami-e-s avec des personnes étant des amis, d'amis. Cela représente une approche trop basique et simpliste loin de ce que le réseau social pourrait nous proposer. Ils n'exploitent pas le plein potentiel des informations dont ils disposent.


Facebook a le pouvoir de nous mettre en contact avec des personnes qui nous ressemblent des personnes avec qui sans le savoir nous pourrions extrêmement bien nous entendre. Cependant, nous ne savons pas qu'elles existent. Non seulement Facebook le sait, mais est en capacité de savoir que nous sommes faits pour développer des réels liens d'amitié durables et solides.


La solitude est un des problèmes majeurs du 21ème siècle. Facebook est en capacité de le régler. Si les réticents diront que personne ne voudra se faire des amis de la sorte, revenons 10 ans en arrière pour savoir si nous étions prêts à confier notre vie amoureuse à des applications comme Tinder ou Happn (qui devraient être enrichies avec le même procédé afin de tendre vers l'efficience, remplacer la quantité par la qualité, ce que tente de faire avec plus ou moins de succès Once) ou s'il y a 20 ans il nous serait venu à l'idée de prendre en photo notre assiette au restaurant pour la montrer à nos amis. Les outils technologiques créent les conditions propices au changement, les mœurs et les habitudes évoluent.


Datas et algorithme pour récréer artificiellement les conditions propices à l'amitié


FACEBOOK est la seule entité du XXIème siècle a pouvoir inventé FRIENDS, l'application qui relie des amis qui ne le sont pas encore. Bienvenue dans le monde de l'amitié augmentée.


La question fondamentale à laquelle il faut répondre est la plus simple : comment devient on amis ? Comment mettre en équation l'amitié. Comment expliquer un phénomène qui nous parait pour la plupart naturel ou du domaine du hasard. Pourtant, il n'en est rien. Le besoin d'avoir des amis et d'être entourées de personnes spécifiques s'explique.


On se fait des amis pour survivre. « L’amitié est une colle psychologique qui nous soude aux autres pour faire obstacle à l’ennemi », explique Henry Markovits, spécialiste en psychologie du développement à l’UQAM. L'Homo sapiens doit son existence actuel à sa sociabilité. C'est grâce et par le groupe que celui-ci a pu parvenir jusqu'à l'année 2019. L'Homo sapiens n'a jamais été l'animal le plus puissant sur terre. Il peut se faire déchiqueter par un loup, un ours ou un lion assez aisément en les affrontant à mains nues. Il n'est pas non plus le plus rapide afin de leur échapper. Ce qui lui a permis de s'en sortir c'est sa capacité à se fédérer et à développer des stratégies de survie en groupe.


Cette caractéristique est d'ailleurs extrêmement bien dépeinte dans le film Rise of the Planet of the Apes, lorsque le singe savant César s'émancipera des humains avec l'aide de ses congénères une fois eux aussi dotés d'une certaine intelligence.




Le groupe une fois formée représente une entité en elle même mais composée de plusieurs individus. L'adage des trois mousquetaires s'applique : un pour tous et tous pour un.

La capacité de se mettre à la place d'un autre individu est l'une des principales caractéristiques humaines. Des scientifiques de l'Université de Virginie aux Etats-Unis ont étudié les scanners des cerveaux de 22 personnes placées sous la menace de recevoir de petites décharges électriques ou de savoir que la même décharge serait administrée à un ami ou à un inconnu. Les scientifiques ont découvert que l'activité cérébrale d'une personne en danger est quasiment identique à celle d'une personne dont l'ami est en danger. "Les humains s'associent pour prospérer. Nos objectifs et ressources sont communs. Si un danger menace un ami, il menace nos ressources et objectifs". Le groupe est donc aussi important que les individus qui le compose. Nos réactions physiques et psychologiques le démontrent.


Nous nous projetons dans nos pairs car sans eux nous ne pourrons pas prospérer. Nous cherchons donc consciemment ou non à construire le groupe social le plus fort afin de survivre. Nous sélectionnons nos alter-egos dans de nombreux domaines, notamment les connaissances, la force mais aussi le système immunitaire.


James Fowler, un spécialiste de la génétique et des liens sociaux, croit probable qu’on choisisse ses amis (et nos amours) pour nous protéger naturellement de certaines maladies. En effet, on rechercherait des acolytes dont le système immunitaire combat des maladies contagieuses auxquelles on n’est pas ou peu résistant, ce qui aurait tendance à diminuer ainsi le risque d’y être soi-même exposé. Si cette thèse permet de valider qu'effectivement sur un plan immunitaire les opposés s'attirent qu'en est il de nos gouts communs et du lien qui se tisse entre chacun d'entre nous.


Selon une étude scientifique publiée sur Journal of Social and Personal Relationship par Jeffrey A.Hall, le facteur temps est déterminant dans le développement des relations amicales. À travers ces expériences, il a pu mettre en évidence qu’il fallait environ 50 heures pour passer de "connaissances" à "amis occasionnels", et 90 heures de plus pour devenir des amis. Quant aux meilleurs amis, il est nécessaire de partager plus de 200 heures ensemble pour pouvoir atteindre cette relation particulière. Ce sont donc les souvenirs qui vont permettre de créer un lien solide entre deux individus. Mais pour passer autant de temps avec quelqu'un il faut nécessairement en avoir envie. Cette envie doit être incitée par des attraits communs (atomes crochus) ce qui aura pour conséquence de développer un lien imaginaire.


Le temps passé avec un potentiel ami va nous permettre de créer un imaginaire collectif. Nous sommes les seuls animaux sur cette planète dotés d'imagination. Un grand nombre de personnes peuvent collaborer en partageant des mythes, des histoires fictives et des croyances communes. Seul l’Homo Sapiens peut parler de choses que nous n’avons jamais vues, senti ou touchées. (Harriri)


Afin de créer l'application ultime amicale, il faut donc prendre en considération l'ensemble de ces caractéristiques afin de réduire au minimum les 200 heures nécessaires à une amitié solide.

Il faut en amont de la rencontre amicale que grâce au datas collectées les algorithmes répertorient des expériences similaires communes, Des gouts partagés, Des systèmes immunitaires qui se complètent et un niveau de connaissance/savoir/QI similaire.


C'est schématiquement la machine, l'équation qu'il faut mettre en œuvre pour trouver des amis. Si pendant des décennies nous avons fait confiance au hasard pour y arriver, nous pouvons maintenant utiliser les datas et algorithmes pour nous fournir le cercle le plus efficace pour l'épanouissement personnel. Seul Facebook est en mesure de construire une telle application. A eux de jouer.



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