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Ripple, la monnaie mondiale de demain

Mis à jour : 16 avr. 2019



"La civilisation tend invinciblement à l'unité d'idiome, à l'unité de mètre, à l'unité de monnaie, et à la fusion des nations dans l'humanité, qui est l'unité suprême." Victor Hugo, Actes et Paroles, 1875-1876. Victor Hugo appelait déjà au XIXème siècle à une fusion totale des peuples du monde. Une seule et unique nation, la nation humaine.


La monnaie est le ciment des peuples. La monnaie est l'élément qui permet de matérialiser les échanges entre les individus. Pour créer une nation mondiale, il serait donc nécessaire de créer une monnaie mondiale. Pour le moment, le dollar est la référence monétaire au niveau mondial. Le dollar est utilisé aujourd'hui dans 87 % des opérations de change dans le monde ; les grands marchés de matières premières, du coton au pétrole, en passant par le maïs et les métaux précieux, sont cotés en billets verts ; plus de 60 % des réserves des banques centrales sont libellées en dollars et la moitié du commerce mondial s'effectue dans la monnaie américaine.


Le dollar est l'équivalent monétaire de ce qu'est l'anglais, en matière linguistique, dans les affaires ou la recherche scientifique : sa toute-puissance se mesure à l'écrasante proportion de personnes qui l'utilisent. Les peuples associent tous le dollar aux Etats-Unis d'Amérique. Ils ne peuvent donc que difficilement accepter cette monnaie comme leur monnaie de référence.


The Economist dans son numéro du 9 janvier 1988 (vol. 306, pp 9-10) prophétisait l'arrivée de la monnaie mondiale pour 2018. Celle-ci est dénommée symboliquement le Phoenix. Cet animal fantastique qui renait de ses cendres après avoir trépassé. Ainsi, The Economist estime que cette monnaie verra le jour car "les monnaies nationales d'aujourd'hui apparaîtront alors comme la cause de la plupart des perturbations économiques survenues lors du siècle dernier".


C'est sur ce brûli que viendra fleurir cette nouvelle monnaie mondiale. "Les frontières économiques nationales se dissolvent progressivement. Comme la tendance se poursuit, l'attrait d'une union monétaire à travers les principaux pays industrialisés semblera irrésistible pour tout le monde (...). Comme la technologie des télécommunications continue d'avancer, les futures transactions seront moins chères et plus rapides. ".

The Economist avait prédit avec justesse le contexte actuel du monde économique et financier à l'approche du XXIème siècle. Si le grand public, pensera évidemment au Bitcoin comme la future monnaie mondiale, rien n'est plus inéxact.


La monnaie n'appartient plus aux Etats


"Le prince seul a droit de battre monnaie attendu que lui seul a droit d'exiger que son témoignage fasse autorité parmi tout un peuple." (Rousseau, Emile ou De l'éducation, 1762). De nos jours, Le Prince ne doit pas être entendu comme l'Etat mais comme le système financier dans son ensemble. Tout le monde possède a minima une Visa ou une Mastercard. Or, Le Bitcoin n'a pas été adoubé par les Banques. Le Ripple oui.


En septembre 2012, Chris Larsen et Jed McCaleb cofondent la société OpenCoin à San Francisco en Californie. En 2013, OpenCoin annonce avoir complété une levée de fonds avec plusieurs sociétés de capital-risque. Le même mois, OpenCoin acquiert SimpleHoney pour l'aider à populariser les monnaies virtuelles et les rendre plus accessibles à l'utilisateur lambda. Le 26 septembre 2013, OpenCoin change officiellement son nom pour Ripple Labs, Inc. et deviendra en 2015 simplement Ripple.


Le Ripple est une cryptomonnaie mais pas seulement. Le terme Ripple comprend plusieurs programmes différents. La vision Ripple qui vise à faciliter les paiements transfrontaliers. La technologie Ripple avec notamment xRapid, xCurrent et xVia. La cypto-monnaie Ripple qui est désignée par le signe XRP. L’entreprise Ripple et enfin le réseau qui utilise la technologie Ripple, RippleNet.


Le « protocole Ripple » est déjà utilisé actuellement par plusieurs banques. Cette technologie permet en effet de réduire sensiblement les délais de paiements internationaux, qui se comptent actuellement en jours, et qui pourraient devenir quasi-instantanés plaçant donc Ripple dans la même catégorie que SWIFT, Visa, MasterCard, et PayPal. Rejetée par les «geeks» et les «cypherpunks», qui défendent les libertés individuelles et les monnaies cryptées comme solution pour sortir de l'ornière des institutions financières et des Etats, le Ripple bénéficie du soutien des banques.


La Banque Nationale d'Abu Dhabi a récemment commencé à utiliser la technologie pour certaines de ses transactions, en particulier pour les transactions transfrontalières. UBS, UniCredit, Crédit Agricole, Santander ou plus récemment TransfertGo utilisent déja sa blockchain, qui permet de transférer des fonds sans frais. La blockchain (chaîne de blocs en français) est comparable à un livre de compte, numérique et public, dans lequel est noté tout ce que les propriétaires de coins (jetons) achètent, vendent et transfèrent, depuis la création du coin. Aucun nom n’y est indiqué, mais de longues suites de caractères. Cette chaîne permet de conserver un historique exhaustif des transactions et de contrôler leur validité. Plus de 120 banques sont actuellement en partenariat avec Ripple, et utilisent le produit blockchain xCurrent.


Ripple pourrait remplacer à terme le système SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), le réseau international de circulation des flux bancaires. Face à cette menace, SWIFT multiplie les innovations. Début 2017, le réseau interbancaire a lancé Global payments innovation (GPI), un service qui propose aux entreprises clientes des banques du réseau de réaliser des paiements transfrontaliers plus rapides, transparents et traçables. Un tracker leur permet de voir en temps réel et de bout en bout le statut de chaque paiement, jusqu'à la confirmation du paiement lorsque celui-ci a été crédité sur le compte du bénéficiaire. Avec GPI, il suffit d'aller sur le site de sa banque pour voir où en est votre paiement. Pas certain, que cette innovation fasse vaciller Ripple et son xRapid.


Sagar Sarbhai, responsable des relations réglementaires de Ripple dans les régions Asie-Pacifique et Moyen-Orient, a expliqué que seule xCurrent était utilisée pour l’instant et que la devise XRP ne jouait pas de rôle avec cette solution contrairement à xRapid. Ripple décrit la solution xRapid comme une passerelle utilisant l’actif XRP visant à traiter plus rapidement les virements transfrontaliers en monnaie fiduciaire. Ripple a affirmé qu'ils collaborent désormais avec trois exchanges, à savoir Bittrex, Bitso et Coins.ph, ces derniers utiliseront la technologie xRapid pour accélérer les transactions en XRP sur leurs plateformes respectives. Ceux qui utilise ce produit peuvent bénéficier d'une amélioration de la vitesse de transactions qui passera de 2-3 jours à près de deux minutes seulement.


Le XRP servira de source de liquidité instantanée pour les trois plateformes, et on pourra directement l'échanger contre les devises fiat locales respectives, soit le dollar américain, le peso mexicain ou le peso philippin."Ripple est intéressant car sa monnaie s'apparente dans ce cas à une supra-monnaie qui facilite considérablement le change de devises. C'est comme si les banques avaient une monnaie unique dont la valeur est universelle", estime Thierry Dinard, consultant chez HSBC et responsable du développement de Syrtals, un cabinet spécialisé dans les moyens de paiement. Le seul inconvénient étant la forte volatilité de son cours."


Il est difficile de dire avec précision combien vaut réellement un (jeton) ripple XRP, car le nombre en circulation n'est pas clair, et le réseau qu'utilise les banques n'a pas forcément besoin du jeton XRP pour fonctionner avec les monnaies classiques. Au commencement de Ripple, tous les jetons furent minés d'un coup, et une partie de ces ripples fut mise sur le marché (environ 15%), une autre partie fut conservée par les fondateurs (environ 20%), et le reste (environ 65%) fut mis de côté pour être injecté dans le réseau plus tard. Pour certains, cela pose problème car, s'il suffit de multiplier le nombre de jetons par leur prix unitaire pour calculer la capitalisation d'une crypto-monnaie. Dans le cas où tout a déjà été pré-miné il ne faudrait idéalement ne prendre en compte que les jetons réellement en circulation.


La monnaie également impactée par la dématérialisation


Il existe en circulation des centaines de cryptomonnaies. Si, elles n'ont pas toutes la volonté de remplacer les monnaies fiduciaires, elles s'inscrivent toutes dans une tendance globale de notre société. La dématérialisation. Il y a 20 ans, les CD ou DVD se vendaient chaque année par dizaines de millions dans toutes les grandes enseignes. De nos jours, un clic suffit pour acquérir un film ou une musique et en profiter quasi instantanément. Les échanges monétaires vont suivre le même procédé grâce à Ripple et xRapid. Ce n'est que le premier maillon de la chaine vers la dématérialisation monétaire totale.


Selon l'économiste Philippe Crevel."On peut tout à fait imaginer la fin de la monnaie numéraire, c'est-à-dire des billets et des pièces, dans nos sociétés occidentales. Certains pays se sont d’ailleurs déjà engagés dans cette direction, notamment dans le nord de l’Europe. C’est le cas de la Suède, qui a toujours été très à la pointe en matière d’activités bancaires. Chez eux, de plus en plus d’établissements refusent d’être réglés en cash".

Le rapport Cap 22, visant à faire économiser à l'Etat français 30 milliards d'euros, préconise dans sa proposition numéro 16 de suivre cette tendance et d'abandonner le cash dans un avenir proche.


Selon ce rapport, la proportion des transactions faites en espèces est plus faible en France que dans d’autres pays européens. On estime à 55 % le nombre des transactions payées en espèces en France contre 89 % en Italie, 75 % en Allemagne et environ 60 % au Royaume-Uni. Seuls des pays nordiques comme la Suède et la Finlande ont des taux inférieurs. 92 % de français plébiscitent la carte bancaire pour les achats quotidiens. Les espèces représentent moins de 5 % du montant total des transactions en valeur selon des estimations convergentes. En effet, en France, on utilise les espèces pour les petits achats. Pour cause, les petits commerçants n'autorisant que rarement l'utilisation de la carte bancaire pour régler de petits montants. Les seuils sont bien souvent fixés à 10 ou 15 euros. Cela nécessite très souvent de trouver le distributeur le plus proche ; ce qui peut parfois s'avérer problématique avec la politique de raréfication de ces appareils mise en place par les banques.


Cap 22 conseille d'organiser ce mouvement en plusieurs étapes en supprimant les espèces, les chèques et les timbres pour les paiements fiscaux et sociaux d’ici deux ans puis de rendre obligatoire l’acceptation des paiements dématérialisés (carte bancaire, téléphone, virement) pour tous les achats, sans montant minimum et de réduire progressivement la circulation d’espèces vers une extinction complète.




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